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Parrainage familial Mariage & statut 27 mai 2026  ·  Lecture : 6 min

Monogamie ou polygamie :
ce qu'il faut savoir avant de déposer une demande de parrainage

Au Canada, la polygamie n'est pas reconnue à des fins d'immigration. Un régime matrimonial mal inscrit sur un certificat de mariage — même par erreur — peut faire échouer un parrainage d'époux. Voici pourquoi, et comment nous avons résolu ce problème dans un dossier réel.

Pourquoi le régime matrimonial est un enjeu clé en immigration

Pour qu'un parrainage d'époux soit recevable au Canada, le mariage doit satisfaire deux conditions fondamentales : il doit être valide selon les lois du pays où il a été célébré, et il doit être compatible avec les exigences de la législation canadienne.

Or, le Canada ne reconnaît pas la polygamie. Concrètement, si votre certificat de mariage indique un régime polygame, IRCC ne considérera pas cette union comme une base valide pour un parrainage d'époux. Même si votre mariage est parfaitement légal dans votre pays d'origine, la règle canadienne s'applique sans exception.

Point de droit essentiel

Un régime polygame inscrit sur le certificat de mariage — même de façon erronée — peut mener directement à un refus de la demande de parrainage. IRCC s'appuie sur les documents officiels. Ce n'est pas la réalité vécue par le couple qui est évaluée en premier lieu, mais bien ce qui est écrit.

Un cas vécu : la mention « polygamie » inscrite par erreur

Dans un dossier que nous avons traité, la mention polygamie avait été inscrite sur le certificat de mariage alors que le couple n'avait jamais souhaité ce régime. C'était une erreur de la personne qui officiait la cérémonie, commise au moment de remplir le document officiel.

Heureusement, la cérémonie avait été intégralement filmée. On pouvait clairement y entendre les époux demander expressément un régime de monogamie. La personne qui officiait avait d'ailleurs reconnu l'erreur sur le vif en disant qu'elle ferait la correction après la cérémonie — qu'on prendrait d'abord les photos et qu'on régulariserait le document ensuite.

Le problème, c'est que la modification a été apportée de façon manuscrite, de manière non officielle. IRCC ne l'a pas reconnue — et sans correction officielle, le dossier se dirigeait tout droit vers un refus.

Nous avons dû contacter directement le ministère du pays concerné pour obtenir un document original confirmant que les époux s'étaient mariés sous le régime de la monogamie. Ce n'était pas une démarche simple, mais c'était la seule qui pouvait sauver le dossier.

Une réalité documentaire propre à certains pays

Ce cas illustre une réalité qui revient régulièrement dans les dossiers provenant de certains pays, notamment en Afrique. Les corrections apportées aux certificats de mariage ou aux carnets de mariage ne sont pas toujours effectuées par des voies officielles. Une modification manuscrite qui n'a pas été validée par l'autorité émettrice — le ministère compétent ou le bureau d'état civil — n'a aucune valeur aux yeux d'IRCC.

C'est une distinction cruciale : ce n'est pas la bonne volonté des époux qui est en cause. C'est la valeur juridique du document présenté.

Les cas possibles en présence d'un régime polygame

Il existe plusieurs situations distinctes, et les règles ne sont pas les mêmes pour chacune :

Époux ou épouses suivants

Dans un contexte polygame reconnu, les unions supplémentaires ne peuvent généralement pas servir de base à un parrainage d'époux au Canada. Le parrainage en tant que conjoint leur est fermé.

Enfants issus des autres unions

Même si les époux supplémentaires ne peuvent pas être parrainés comme conjoints, leurs enfants communs peuvent souvent faire l'objet d'un parrainage familial. Chaque situation doit être analysée individuellement.

La particularité du Québec

Pour les résidents du Québec, le parrainage d'un époux ou conjoint implique une double approbation : celle d'IRCC au niveau fédéral, et celle du MIFI (ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration) au niveau provincial.

Le MIFI impose ses propres critères d'admissibilité et d'engagement pour le répondant. Ces exigences s'ajoutent aux règles fédérales et doivent être satisfaites en parallèle.

À noter pour le Québec

Le MIFI peut, à certaines périodes, limiter la réception de nouvelles demandes de parrainage d'époux ou de conjoint. Il est essentiel de vérifier si la province accepte de nouvelles demandes avant de planifier le dépôt du dossier.

Ce qu'il faut faire avant de déposer

Si vous êtes dans une situation qui implique un mariage célébré à l'étranger, voici les étapes à valider avant d'entamer une demande de parrainage d'époux :

  1. Vérifiez le régime inscrit sur le certificat. Lisez attentivement le document officiel. La mention du régime matrimonial (monogamie, polygamie) doit y figurer. Si elle est absente ou incorrecte, c'est à corriger maintenant.
  2. Identifiez lequel des mariages est le premier. Si plusieurs unions ont eu lieu, seule la première est potentiellement reconnaissable. Documentez la chronologie.
  3. Obtenez la correction officielle si nécessaire. Toute modification doit être faite par l'autorité émettrice du pays concerné (ministère, bureau d'état civil). Une correction manuscrite informelle est sans valeur pour IRCC.
  4. Rassemblez les preuves accessoires. Enregistrements vidéo de la cérémonie, témoignages, déclarations de l'officiant, correspondances avec les autorités locales — tout ce qui peut appuyer la version corrigée du document.
  5. Vérifiez les règles québécoises si vous résidez au Québec. Confirmez si le MIFI accepte de nouvelles demandes au moment où vous planifiez le dépôt.

L'erreur à ne jamais commettre

Dans la situation que nous avons décrite, la tentation aurait pu être de déposer le dossier en espérant qu'IRCC ne relève pas la mention ou qu'il accepte la correction manuscrite comme preuve suffisante. C'est un risque que nous déconseillons formellement.

IRCC vérifie la cohérence entre tous les documents soumis. Un certificat portant la mention « polygamie » — même accompagné d'une explication — déclenchera une analyse approfondie. Si la correction n'est pas officielle, elle sera rejetée. Et un refus entraîne des conséquences : délais supplémentaires, impact sur les futures demandes, et parfois une période d'inadmissibilité pour fausse déclaration si l'agent juge qu'il y a eu tentative d'induire en erreur.

Fausse déclaration — risque sérieux

Présenter un document dont on sait qu'il contient une erreur non corrigée officiellement — sans en informer clairement IRCC — peut être assimilé à une tentative de fausse déclaration au sens de l'article 40 de la LIPR. Les conséquences incluent un refus et une interdiction de territoire de cinq ans.

Résumé : les points essentiels à retenir


Note sur la confidentialitéLe cas présenté dans cet article est basé sur un dossier réel traité par notre équipe. Les informations permettant d'identifier les personnes concernées ont été modifiées ou omises.

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